Guide de la fiscalité suisse pour indépendants
Raison individuelle ou société, AVS, TVA, déductions : les bases chiffrées pour un indépendant en Suisse en 2026.
Raison individuelle ou Sàrl/SA ?
En raison individuelle, votre bénéfice est imposé directement comme revenu personnel — pas de distinction entre salaire et bénéfice. En Sàrl ou SA, la société paie l'impôt sur le bénéfice et vous êtes imposé sur votre salaire et vos dividendes : une double imposition partielle, mais aussi plus de flexibilité de planification. Le bon choix dépend du niveau de bénéfice, du besoin de protection et de vos projets.
Les cotisations sociales (AVS/AI/APG)
L'indépendant paie lui-même ses cotisations, calculées sur le revenu net de l'activité. Le barème est progressif : il plafonne à 10 % au-delà d'environ 60'500 CHF de revenu annuel ; en dessous, un barème dégressif s'applique, avec une cotisation minimale de 530 CHF par an (chiffres 2026 — mémento officiel 2.02 du Centre d'information AVS/AI). Contrairement au salarié, pas d'employeur pour payer la moitié : provisionnez environ 10 % dès le premier franc de bénéfice.
La TVA : quand s'inscrire ?
L'assujettissement devient obligatoire dès 100'000 CHF de chiffre d'affaires annuel mondial (250'000 CHF pour les associations sans but lucratif). Vous devez vous annoncer à l'AFC dans les 30 jours suivant le dépassement du seuil. En dessous, l'inscription volontaire peut valoir la peine pour récupérer la TVA sur vos achats — à calculer selon votre clientèle.
La prévoyance : votre plus gros levier fiscal
Sans caisse de pension, un indépendant peut verser au pilier 3a jusqu'à 20 % de son revenu, au maximum 36'288 CHF en 2026 (contre 7'258 CHF pour un salarié affilié au 2ᵉ pilier) — intégralement déductible du revenu imposable. S'affilier volontairement à une caisse de pension est l'alternative, avec d'autres arbitrages.
Les déductions clés
- Frais de bureau (loyer externe, ou part du loyer privé si pièce dédiée)
- Matériel informatique et logiciels professionnels
- Frais de formation continue
- Cotisations de prévoyance (2ᵉ et 3ᵉ piliers)
- Frais de repas et de déplacement professionnels
- Amortissements sur les investissements
La règle générale : tout ce qui est commercialement justifié est en principe déductible — à condition d'être documenté.